Forum parlementaire franco-marocain

Conduites par M. Rachid Talbi El Alami, Président de la Chambre des Représentants, et M. Mohamed Cheikh Biadillah, Président de la Chambre des Conseillers, des délégations marocaines composées de membres des deux assemblées du Parlement marocain se sont rendues en France pour la tenue, les 16 et 17 avril 2015, du deuxième Forum parlementaire franco-marocain.  Elles ont été accueillies au Sénat par le Président,  M. Gérard Larcher et, à l’Assemblée nationale, par le Président, M. Claude Bartolone, ainsi que par de nombreux parlementaires français. Outre le Président Larcher, de nombreux membres du groupe d’amitié ont participé au Forum, notamment Christian Cambon, Président du groupe et Vice-président de la commission des Affaires étrangères, de la défense et des forces armées.

Le Sénat a accueilli les travaux du Forum le jeudi 16 avril au matin. Les travaux ont été co-présidés par Gérard LARCHER, Président du Sénat, et ses homologues ou leurs représentants. À l’issue des allocutions d’ouverture par les Présidents, les échanges ont été consacrés aux « enjeux croisés de sécurité et de coopération » (lutte contre le terrorisme ; coopération dans la zone saharo-sahélienne ; cohérence nationale et dialogue interculturel : les ressorts du vivre-ensemble).

L’après-midi s’est déroulé à l’Assemblée nationale sur le thème des « parlements face aux enjeux de l’environnement ».

Pour Christian Cambon, Président du groupe interparlementaire d’amitié France-Maroc du Sénat « Les deux thématiques de cette journée sont partiellement liées. En effet, les conséquences des changements climatiques sont susceptibles de menacer la sécurité de nombreux pays, y compris les nôtres …  Nous partageons la responsabilité d’aider le continent africain à faire face aux défis de la désertification, de la gestion de l’eau, de l’assainissement, des transports, de la sécurité alimentaire… Grâce à cette coopération, dont les ambitions sont partagées, dont les objectifs sont clairs, nous pourrons organiser ensemble un passage de relais efficient en vue de l’organisation de la COP22, par le Maroc, en 2016 ».

S’agissant de la lutte contre le terrorisme, les parlementaires ont souligné la nécessité d’une intensification du partenariat et d’une approche globale contre ce phénomène. La France et le Maroc partagent une tradition d’ouverture : ils condamnent toutes les formes de radicalisation et d’extrémisme. Paris soutient la stratégie marocaine consistant à promouvoir la tolérance religieuse, assurer le développement social parallèlement au développement économique et renforcer la sécurité. Le sujet de la formation des imams a fait l’objet d’échanges nourris : il s’agit de l’une des clefs pour lutter efficacement contre les dérives. Pour Christian Cambon, s’agissant de l’action sur les causes profondes du phénomène, « le Maroc s’est efforcé de consolider l’encadrement religieux dans les mosquées afin de lutter contre les instrumentalisations politiques, voire crimi-nelles de la religion par des groupes qui en prônent une interprétation totalement dévoyée. Avec les limites que lui impose, bien entendu, le principe de laïcité, la France s’efforce de la même manière de soutenir les efforts des musulmans de France pour mieux lutter contre le radicalisme. Le Maroc peut nous aider dans cette démarche. » Selon lui, une « action sécuritaire énergique à court terme et moyen terme, des réformes politiques et sociales et un développement économique à plus long terme : tels sont les aspects complémentaires qui permettront à nos deux pays, agissant de concert et en parfaite intelligence, d’assurer leur propre sécurité et, plus largement, de contribuer à la stabilité du Maghreb et de l’Afrique. Car il n’y a pas de développement sans sécurité, et pas de sécurité sans développement ».