Aliza Bin-Noun, Ambassadeur d’Israël en France, a été auditionnée par la commission des Affaires étrangères pour connaitre son analyse sur la Conférence de Paris du 15 janvier pour la paix au Proche-Orient.
Christian Cambon, vice-président de la commission, a voulu lui parler des colonies illégales que M. Sharon s’était engagé à les faire évacuer. Or, depuis 2005, rien ne s’est passé. Pire, un projet de régularisation des 95 colonies illégales va être examiné par la Knesset. L’affaire d’Amona ne peut qu’interpeler : la Cour Suprême d’Israël, instance unanime
ment respectée en Israël, a ordonné l’évacuation de cette colonie avant le 25 décembre, mais rien ne s’est passé et le Gouvernement semble accepter le maintien des colons en dépit de cette décision de justice. Il semble en aller de même pour la colonie d’Adumim. Les amis d’Israël sont déroutés : l’occupation illégale de terres privées palestiniennes n’est-elle pas encouragée pour entretenir les tensions entre Palestiniens et Israéliens et empêcher tout accord de paix ?
L’Ambassadeur a expliqué qu’il n’était pas possible d’ignorer les 400 000 personnes qui vivent dans ces colonies. L’implantation d’Amona est illégale et la Cour Suprême a ordonné son évacuation. Le Premier ministre et le ministre de la défense ont soutenu la décision de la Cour, mais certaines voix de la coalition se sont élevées contre l’évacuation. Une nouvelle décision de la Cour devrait intervenir prochainement et elle sera appliquée, même si l’opposition y est hostile. Mais il faut bien constater le renforcement de l’opposition, ce qui est un vrai problème. Ils espèrent que la nouvelle administration des États-Unis mettra la pression sur M. Abbas. Certes, il est affaibli, mais des discussions sont toujours possibles. D’ailleurs, ils ont entamé une coopération avec lui, en signant des accords sur l’eau et l’énergie il y a quelques semaines. Chaque jour, 100 000 Palestiniens entrent en Israël pour travailler. Dans les implantations de Cisjordanie, 30 000 Palestiniens travaillent dans des sites industriels. Ce sont des éléments positifs qu’on ne peut passer sous silence.
L’Ambassadeur a souhaité rappelé un point d’histoire : « avant que Jérusalem ne soit réunie en 1967, les juifs n’avaient pas le droit de se rendre au Mur des lamentations pour prier. Depuis, tout le monde peut pratiquer librement son culte. Nous attendons qu’Israël soit reconnu comme État juif. Cette année, nous fêterons le centenaire de la déclaration de Balfour qui avait reconnu au peuple juif le droit de s’établir en Israël. Les Palestiniens ont d’ailleurs engagé une campagne contre cette déclaration. Il ne s’agit donc pas des implantations mais bien de l’existence même d’Israël. Ils refusent de reconnaître Israël comme l’État nation du peuple juif. Être juif, ce n’est pas qu’une religion, c’est aussi une nationalité. Je ne suis pas pratiquante, mais ma nationalité est juive. »
