Réponse du Ministre de l’intérieur sur la mutualisation des commissariats du Val-de-Marne

Christian Cambon a attiré l’attention du ministre de l’Intérieur sur les projets de mutualisation entre commissariats de police du Val-de-Marne. Présenté au printemps 2017, l’objectif de cette réforme prévoyait de diviser par deux les commissariats. Finalement modifié, le projet en cours vise à fermer les permanences de nuit des commissariats d’Alfortville et de Charenton.

Or face à une insécurité grandissante dans certains quartiers, la présence de la police nationale est particulièrement nécessaire de jour comme de nuit. La population ne comprend, ni n’accepte, une telle éventualité. C’est dans ce contexte que l’association des maires du Val-de-Marne a adopté mercredi 28 février 2018 une motion contre cette réorganisation en cours.

Il lui a demandé quelles mesures il compte mettre en place afin de préserver ce service public de proximité nécessaire pour lutter contre l’insécurité.

Le Ministre lui a répondu que la police de sécurité du quotidien (PSQ) constitue un changement de doctrine. Il s’agit d’une police de contact, une police sur-mesure, une police connectée et une police résolument partenariale. Plus respectée, mieux équipée, recentrée sur son cœur de métier, plus accessible pour la population et en lien étroit avec les partenaires locaux – au premier rang desquels figurent les maires – la police mettra en œuvre des réponses correspondant pleinement aux attentes de nos concitoyens. La PSQ est ainsi une police mieux organisée, dans ses services comme dans son action, pour prendre en compte les spécificités de chaque territoire et mieux répondre aux attentes des usagers.

Le préfet de police a souhaité, dès la fin de l’année dernière, engager des réflexions concernant la mutualisation de certaines missions de police tant sur le plan de l’activité judiciaire que de l’activité de voie publique. En effet, d’importantes disparités au sein même du département du Val-de-Marne ont été observées avec dans certaines circonscriptions de sécurité publique, un très faible taux de gardes-à-vue et parfois des commissariats ouverts et gardés alors qu’ils ne recueillent que deux ou trois plaintes. Dans un souci permanent de redéploiement des effectifs sur la voie publique, afin de lutter de façon plus ciblée et plus précise contre la délinquance dans le Val-de-Marne, toutes les pistes de mutualisation doivent être explorées.

Dans le cas où des mesures de mutualisations seraient décidées dans le cadre d’un projet de réorganisation, elles n’auraient pas pour objectif de supprimer des effectifs, mais de les redéployer sur la voie publique au bénéfice de la lutte contre la délinquance. Ces réorganisations ne doivent pas être entreprises pour des raisons de moyens, mais pour des motifs opérationnels. Car il s’agit d’améliorer le service public de la sécurité, en adaptant les moyens aux particularités des territoires. Et c’est sur cet objectif que le préfet de police souhaite résolument avancer, en étroite concertation avec les élus.

> Question écrite n° 03674 publiée dans le JO Sénat