Prescription de psychostimulants dans le traitement du « trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité »

Christian Cambon a attiré l’attention de la ministre des solidarités et de la santé sur la prescription de psychostimulants aux enfants et aux adolescents présentant un « trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité » (TDAH).

Le TDAH est défini selon les critères établis par l’association de psychiatrie américaine (APA) dans leur DSM (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders) reconnu en France pour détecter ce syndrome. Il n’existe cependant pas de test diagnostic unique pour ce trouble dont les causes sont inconnues. Son existence même n’est pas prouvée scientifiquement ni en génétique, ni en biochimie, ou en imagerie. Les symptômes décrits sur le site de l’assurance maladie sont l’inattention, l’hyperactivité ou encore l’impulsivité, et ils se déclinent sous divers comportements : un enfant désobéissant, distrait ou qui ne tient pas en place. Des psychostimulants peuvent alors être prescrits, ce sont des médicaments à base de méthylphénidate qui est apparenté à l’amphétamine d’après l’agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). Le public visé est très large selon la notice d’utilisation de l’un d’eux, il peut s’agir d’enfants ou d’adolescents qui « ont du mal à rester tranquilles et se concentrer ».

Le nombre de boîtes de psychostimulants remboursées par la sécurité sociale est passé de 503 956 en 2012 à 813 413 en 2017, soit une augmentation de plus de 61 % en seulement cinq ans, selon les chiffres de l’assurance maladie. Cette augmentation est d’autant plus inquiétante que l’efficacité de ces médicaments est très limitée et que les risques sont graves. Parmi ceux-ci, on trouve des effets indésirables cardiovasculaires et neuropsychiques, mais également des hallucinations et autres symptômes psychotiques. Ces psychostimulants entraînent une accoutumance marquée et une dépendance psychique sans pouvoir soigner durablement.

Alors que l’organisation des Nations unies recommande des approches non médicamenteuses du diagnostic et du traitement du TDAH, il lui demande quelles mesures le Gouvernement compte mettre en place afin de diminuer la consommation de psychostimulants chez les enfants.

> Question écrite n° 10872 publiée dans le JO Sénat

En attente de réponse du Ministère