Attaque turque : un coup de main à Daech et un coup porté à l’Europe

Le président de la commission des affaires étrangères et de la défense du Sénat Christian Cambon condamne avec la plus grande fermeté l’invasion par la Turquie du nord-est de la Syrie et l’attaque contre les forces kurdes, fer de lance de la guerre contre Daech. Christian Cambon interpellera dimanche à Londres les parlementaires américains et turcs lors de la session de l’assemblée parlementaire de l’OTAN.

L’invasion turque du nord-est de la Syrie, en pleine violation du droit international, est extrêmement grave. Elle peut être le début d’une crise militaire, politique et humanitaire aux conséquences incalculables. La commission des affaires étrangères et de la défense du Sénat la condamne avec d’autant plus de fermeté qu’en ciblant nos alliés kurdes, dont le concours a été si précieux pour détruire le califat territorial de Daech, la Turquie offre une occasion inespérée à Daech de se rétablir.

En cela, il s’agit d’un acte qui nuit directement à la sécurité des Européens, doublement menacés par la bouffée d’air offerte à Daech, et par le risque de remise en liberté de milliers de djihadistes.

Par ailleurs, loin d’offrir une perspective aux millions de réfugiés syriens, cette opération a toutes les chances d’aggraver encore leur situation et de provoquer des déplacements massifs de population, dont les civils, et notamment les plus fragiles d’entre eux, seront les premières et principales victimes.

Dans ce contexte, le chantage assumé du président turc, consistant à menacer l’Europe d’ouvrir les frontières et de pousser « 3,6 millions de réfugiés syriens en Europe » si nos pays condamnaient cette attaque, est inadmissible.

Devant la tournure des événements, Christian Cambon), président de la commission, a déclaré : « L’attitude turque ces derniers jours n’est pas celle d’un pays ami et allié au sein de l’OTAN. J’entends bien profiter de la réunion dimanche à Londres de l’assemblée parlementaire de l’OTAN (AP-OTAN) pour interpeller très directement mes homologues américains et turcs sur ces événements qui sont porteurs de risques incalculables pour la région, mais aussi pour l’Europe ».