La politique extérieure de l'Union européenne

L’Europe paraît en panne. Les opinions publiques, dans pratiquement tous les pays membres, voient le scepticisme, l’euroscepticisme, se développer. Il existe une lassitude et la tentation d’un repli national. Cette panne relative est inquiétante alors qu’il va y avoir les élections européennes pour le Parlement européen en 2014. La commission des affaires étrangère a auditionné Jean-Michel Casa, directeur de l’Union européenne au ministère des affaires étrangères, concernant la politique extérieure de l’Union européenne.

Christian Cambon, Vice-président de la commission, lui a demandé s’il existait un degré d’inquiétude à avoir concernant la politique extérieure de l’Union européenne. «Une partie de l’Europe, en particulier celle du nord, est plus ouverte aux relations avec les pays des Balkans, tandis que l’Europe du sud a tendance à se tourner vers le Maghreb. On ne va pas vers une politique européenne de défense ! Certes, certaines initiatives vont dans le bon sens, comme l’achat de matériels, la gestion des sources de renseignement … mais parallèlement il n’existe pas de force européenne en matière de politique extérieure. Comment expliquer cette forme de désaffection des Français et Européens pour l’Europe et sa politique étrangère ? » a-t-il expliqué.

Jean-Michel Casa, directeur de l’Union européenne au ministère des affaires étrangères a souhaité préciser qu’il ne fallait pas  opposer les régions les unes aux autres : « nous sommes aussi intéressés par les Balkans, et nous nous sommes rapprochés des Allemands pour dire que nous devons prendre nos responsabilités dans cette région, y compris en matière de sécurité, d’autant plus que nous n’avons pas su les prendre il y a 20 ans. Bien sûr il y a eu des fractures, par exemple sur la Libye, où nous sommes intervenus avec les Britanniques et sans les Allemands. D’ailleurs, une partie des milieux politiques allemands reconnaît aujourd’hui que son pays a eu tort en l’espèce. Si on avait agi de manière plus intégrée, plus européenne, dès le départ, nous n’aurions peut-être pas aujourd’hui à traiter de façon aussi aigüe le problème des frontières libyennes. Néanmoins, nous n’avons pas été seuls dans cette initiative, nous avons été soutenus au point de vue logistique et organisationnel par les Etats-Unis, mais aussi par plusieurs pays européens : les Danois, les Belges, les Italiens, les Grecs, qui ont fourni le transport, ou les bases d’appui … Cela a donc été une sorte d’opération européenne, mais en dehors du cadre institutionnel ».

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