Audition de Laurent Fabius

 Les moyens d’action dévolus au Quai d’Orsay sont la condition nécessaire pour maintenir le rayonnement de la diplomatie Française, sa capacité à orienter le cours des choses, la puissance d’influence du pays.

Aussi, au cours d’une audition de Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, Christian Cambon, Vice-président de la commission des Affaires étrangère, l’a interpellé sur le projet de loi de finances pour 2014. « Le concept d’ambassade « low cost » nous laisse un peu sceptiques ; de même que nous attristent les réceptions du 14 juillet financées par des entreprises privées… Sans doute cela est-il inévitable… Ne pourrait-on pas parallèlement envisager des partages d’ambassades au niveau européen ?

L’accroissement annoncé des crédits pour le développement au Mali nous pousse aussi à relancer aussi la réflexion sur l’évaluation : nous avons par le passé déversé des sommes importantes sur ce pays, sans résultat tangible. Nous aurions besoin en réalité d’une véritable « conférence de méthodologie » pour que l’aide soit dépensée à meilleur escient.

20 000 personnes ont péri en tentant de rejoindre Lampedusa : quelle action concertée, de développement solidaire, allons-nous pouvoir enfin mettre en oeuvre ?

Nous nous entretiendrons la semaine prochaine avec de hauts responsables de l’ONU, quelle explication pourrons-nous donner aux évolutions parfois difficilement compréhensibles de nos contributions, qu’il s’agisse du PNUD ou du fonds SIDA… »

Laurent Fabius lui a répondu qu’une partie du produit des cessions immobilières du réseau diplomatique à l’étranger sera affectée au désendettement de l’État. « Sur les 52 millions d’euros de cessions prévus sur le triennum, 30 seront affectés à l’amélioration de la sécurité diplomatique, soit 10 millions d’euros par an. Notre plan de sécurisation inclut nos postes à : Nouakchott, Dakar, Beyrouth, Ndjamena, Brazzaville, Alger, Téhéran, Djakarta, Bamako, Tallin, Tunis et Bangui. Les 10 millions d’euros iront en priorité à la sécurisation des postes dans la bande sahélienne.

Nous avons des projets d’implantation commune avec l’Allemagne, notamment au Bangladesh, en Corée, au Koweït, où nous avons deux parcelles contiguës, ou encore à Rio où nous partageons les mêmes locaux de la Maison de France. Je pense que notre réflexion devrait aussi englober les représentations du Service européen d’action extérieure.

S’agissant de l’aide au Mali, je souscris pleinement aux propos de M. Cambon et je sais que la traçabilité et l’évaluation des aides sont des préoccupations fortes tant de mon collègue en charge du développement Pascal CANFIN que de l’ambassadeur au Mali Gilles HUBERSON. Nous avons besoin d’une méthode qui rompe avec les pratiques passées. »