Situation à Bangui : diagnostic très inquiétant

De retour d’une mission de la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées du Sénat à Bangui, Christian Cambon, Vice-président de la commission explique que le diagnostic est très inquiétant : « l’Etat n’existe plus que sous forme d’un Gouvernement de transition. La prison est ouverte, le ministre de l’Intérieur n’a même pas de menottes à fournir à ses policiers, lesquels sont payés avec des mois de retard… La violence des groupes armés a entrainé des dizaines de milliers de familles déplacées, regroupées dans des effroyables camps de fortune pour échapper aux exactions. Un quartier musulman a été partiellement rasé à titre de représailles, mais le conflit religieux n’est qu’un alibi. Il s’agit plutôt de bandes de mercenaires et  voyous qui s’attaquent aux populations locales, pour le compte de politiciens puissants. »

Le Sénateur précise que dans cet univers, les militaires français, sous la conduite du Général Soriano, font un travail extraordinaire de sécurisation des populations, guettant à tout instant l’incident qui dégénère. « Stationnés autour de l’aéroport, dans des conditions spartiates, souffrant de la chaleur et des moustiques à paludisme, ils font tout ce qu’ils peuvent pour stabiliser la situation. Heureusement, un contingent de 860 hommes d’EUFOR, puis, à partir de septembre, 11 000 casques bleus vont venir les renforcer. La France ne peut pas porter seule une telle mission à long terme, car tout est à reconstruire… »

Christian Cambon affirme que seule une mobilisation européenne et internationale peut redonner un avenir à ce pays.

> Article du Parisien – Edition Val-de-Marne – 16/04/2014