Nécessité de redresser le commerce extérieur de la France

La commission des Affaires étrangères, de la Défense et des forces armées a auditionné Fleur Pellerin, secrétaire d’Etat chargée du commerce extérieur, de la promotion du tourisme et des Français de l’étranger, sur la Diplomatie économique et le tourisme.

Christian Cambon, Vice-président de la commission, a interpellé la secrétaire d’Etat sur la difficulté à l’exportation des PME. Un problème typiquement français que l’on ne retrouve pas en Espagne, en Italie, en Allemagne, par exemple. « Il est légitime de simplifier le dispositif, mais la réponse ne peut venir que de l’État. Il faut que les chefs d’entreprise s’investissent personnellement dans la conquête des marchés et qu’ils aient les moyens de le faire.  Pour les accompagner, la région paraît le niveau le mieux adapté, l’Etat intervenant à une échelle trop grande pour identifier les entreprises qui sont prêtes à partir à la conquête de nouveaux marchés. ».

Il a également précisé qu’il convient de favoriser le développement du parrainage des petites entreprises par les grands groupes, comme cela se pratique en Allemagne, avec par exemple Volkswagen, qui emmène lors de déplacements à l’étranger des petites entreprises de mécanique. Cela aiderait les PME à s’implanter dans des pays où elles ne peuvent aller seules en raison du coût. Il lui a demandé comment elle pouvvait encourager de telles démarches.

Fleur Pellerin a affirmé qu’il y a un problème de lisibilité de la gouvernance concernant le commerce extérieur. Au sujet du rôle des régions en matière d’internalisation des entreprises, elle a rappelé que la loi leurs impose de se doter d’un plan régional d’internalisation des entreprises (PRIE) « ce sont les régions qui sont le mieux à même d’identifier les entreprises, que ce soit les primo exportatrices ou celles qui veulent augmenter leur présence à l’international, et les diriger vers les dispositifs publics d’accompagnement. ».

Un travail est actuellement conduit avec les régions pour identifier 1 000 entreprises de croissance à fort potentiel de développement international, qu’Ubifrance devra accompagner. Ce suivi doit être fait sur plusieurs années, trois à quatre ans, car une année n’est pas suffisante. « Sur le rôle de parrainage des grandes entreprises, vous prêchez une convaincue, j’avais commencé à y travailler dans mes précédentes fonctions, en y impliquant le MEDEF et l’AFEP. Il faut davantage de collaboration entre les grandes entreprises et les PME, non seulement pour l’innovation, mais aussi pour l’export. » a expliqué la secrétaire d’Etat.