Audition du secrétaire d'Etat au développement et à la francophonie

La commission des Affaires étrangères de la Défense et des Forces armées a auditionné Annick Girardin, secrétaire d’Etat au développement et à la francophonie, sur le projet de loi de finances pour 2015.

Dans le cadre des contraintes budgétaires, les crédits de la mission « Aide publique au développement », qui ne représentent environ qu’un quart de l’effort français en aide publique au développement (APD), baissent de 2,9%, et de 1,7% si l’on inclut l’augmentation des financements dits innovants, c’est-à-dire la taxe sur les billets d’avion et la taxe sur les transactions financières (TTF) qui commencent à produire des crédits. Christian Cambon, Président de la séance, a souhaité connaître les priorités de l’Agence Française de Développement pour 2015.

Annick Girardin lui a répondu que la mission « Aide publique au développement » est de 2,8 milliards d’euros et le programme 209 s’élève à 1,78 milliard. Ce budget finance les priorités de développement et de solidarité internationale. « Nos choix sont clairs et assumés : le coeur de l’aide est préservé, avec les dons-projets qui sont dotés de 333 millions en autorisations d’engagement. Nous disposons aussi de moyens importants pour répondre à l’urgence : 37 millions pour l’aide alimentaire, 11 millions pour l’aide humanitaire d’urgence, 22 millions pour le post-crise. Nous avons maintenu la coopération décentralisée, avec 9 millions, et le Président de la République s’est engagé à doubler l’aide aux ONG avec 8 millions de plus pour les ONG de développement et un million de plus pour les ONG humanitaires. »

Des priorités géographiques ont été retenues. « Nous allons consacrer 50% des subventions aux 16 pays prioritaires ; 20 milliards seront versés à l’Afrique dans les cinq prochaines années. Enfin, 85% de notre soutien est concentré sur l’Afrique subsaharienne et la Méditerranée. Nos priorités vont également au climat, avec la COP21, et à la santé : le Fonds mondial recevra 360 millions par an d’ici 2016. »

L’AFD, qui représente 8 milliards d’engagements par an, voit ses fonds propres renforcés à hauteur de 840 millions pour aider les pays les plus fragiles.

L’engagement en Afghanistan va se réduire progressivement. Les grands émergents sont toujours soutenus par des prêts AFD, mais sans coût financier pour l’État.