Réponse du Ministre sur la sécurité sanitaire des militaires en mission en Centrafrique

Le 126ème régiment d’infanterie de Brive a perdu un de ses hommes, lors d’une opération en Centrafrique en novembre 2014. Un caporal-chef du régiment d’infanterie, rapatrié d’urgence à Paris, a succombé à une forme très virulente du paludisme contractée en République centrafricaine (RCA). Pourtant, en avril 2014, de retour d’une mission en Centrafrique, Christian Cambon avait, lui-même, alerté le ministre sur le manque de moyens qu’il avait pu observer au camp militaire français de M’Poko de Bangui. Il avait constaté que les militaires ne possédaient pas de moustiquaires, sauf pour l’hôpital, alors que la saison des pluies favorise la prolifération des moustiques et le risque de paludisme. Il a également remarqué que le matériel médical était contingenté pour des soldats soumis aux piqûres d’insectes, aux infections et à des désordres intestinaux. Il lui avait été répondu que toutes les dispositions nécessaires, incluant la distribution de solutions anti moustiques, avaient été adoptées pour prévenir l’apparition ou la propagation des maladies.

Ayant reçu de nombreux témoignages d’épouses et de mères de soldats qui confirment que les conditions de vie en Centrafrique sont toujours aussi précaires, il l’a interpellé à nouveau pour lui demander quelles mesures il souhaite prendre pour assurer une sécurité sanitaire des militaires en mission en Centrafrique.

Le Ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, lui a répondu que les conditions sanitaires dans lesquelles se déroule l’intervention militaire française en République centrafricaine se sont progressivement améliorées depuis le déclenchement de l’opération SANGARIS, au mois de décembre 2013, et continuent d’être une priorité pour le ministère. À Bangui, les militaires français sont ainsi logés sous des tentes climatisées et peuvent consommer des produits frais au sein d’un restaurant mis en place par l’économat des armées. En outre, des forages ont été opérés, permettant de satisfaire complètement les besoins en eau des personnels (douches, sanitaires). Par ailleurs, un praticien épidémiologiste du service de santé des armées est désormais présent sur le théâtre d’opérations, afin d’évaluer les actions mises en œuvre et de proposer d’éventuelles mesures correctives si des points défectueux venaient à être constatés. Un expert a également été affecté à Bangui en vue de superviser les démarches restant à entreprendre en termes d’hygiène alimentaire et d’hygiène de l’eau, une unité de traitement des eaux étant opérationnelle sur le camp de M’Poko depuis la fin du mois d’août dernier. Enfin, un nombre suffisant de moustiquaires a été acheminé sur ce site pour faire face aux exigences en matière de remplacement de ce type d’équipement. Le renouvellement des produits anti-moustiques a de plus été amélioré dans les postes de province, tandis que des ordres sont régulièrement donnés aux militaires français pour que soit observée la prise quotidienne de DOXYCYCLINE. Une chaîne médicale complète, déployée depuis le début de l’opération SANGARIS, et deux hélicoptères dédiés en permanence aux évacuations à caractère médical contribuent à enrichir le dispositif, afin que soit totalement garantie la sécurité sanitaire des militaires déployés.

> Question écrite n° 13746